Chez MediaMarkt, la livraison à vélo connait un véritable engouement

« La livraison à vélo connaît un véritable engouement au sein de notre clientèle »

« La livraison à vélo connaît un véritable engouement au sein de notre clientèle », Cédric Meijer, directeur Media Markt (Liège)

Lancés au début des années 2000, les megastores (micro-informatique, multimedia, cd, dvd, vidéo, hifi, photo, telecom et électroménager) MediaMarkt comptent aujourd’hui plus de 580 enseignes en Europe, dont 29 magasins en Belgique. A la tête des deux implantations liégeoises (Place St Lambert et Mediacité), Cedric Meijer mise beaucoup sur l’image ‘durable’ qu’il entend donner à l’entreprise qu’il dirige. Pour les livraisons de proximité, il a fait appel à RAYON9
Avec sa collaboratrice Joëlle Dewaelheyns, il s‘en explique.

A Liège, vos magasins sont implantés en plein centre urbain. Vous bénéficiez donc d’une forte clientèle de proximité. Vu le volume parfois important des produits que vous commercialisez, qu’est-ce que cela implique pour vous en termes de livraisons ?

Cedric Meijer : Vous vous doutez bien qu’avec l’arrivée d’Internet, notre marché a considérablement évolué, avec une prédominance croissante de la notion de service. L’approche ‘cash and cary‘ qui prédominait à l’origine a profondément été remise en cause, ce qui a provoqué, de manière pro-active, une complète remise à plat de nos activités. La majorité de notre clientèle est effectivement concentrée en agglomération urbaine.
Pour ce qui concerne les livraisons, nous travaillons avec une entreprise de transport traditionnelle qui intervient pour tous nos magasins de Belgique. Mais notre réflexion au niveau local nous a très vite amenés à nous interroger sur les problèmes d’engorgement du centre-ville. Il devenait de plus en plus déraisonnable de faire appel à des véhicules lourds ou des camionnettes pour livrer des colis dans un rayon de quelques kilomètres autour de nos dépôts. D’où un premier tour d’horizon des solutions disponibles sur Liège pour soulager le centre-ville et de la manière dont une société comme la nôtre pouvait apporter un plus à la qualité de vie en ville et au bien-être de ses clients. C’est ce qui nous a amenés à rencontrer les initiateurs de RAYON9.

En quoi leur offre vous a-t-elle intéressés ?

Cedric Meijer : Parce qu’elle répondait point par point à ce que nous voulions apporter en termes de mobilité au centre-ville. Un outil simple, propre, écologique, efficace, à fortes dimensions humaine et locale, répondant parfaitement aux critères que nous avions établis dans notre réflexion interne.

Des critères fondés sur une demande du marché ou inscrits dans l’air du temps ?

Cedric Meijer : Pas uniquement. Moi-même en tant que dirigeant, je suis intimement convaincu que cette évolution est cruciale et qu’il faudra profondément changer nos habitudes si nous voulons survivre et progresser dans le monde qui se dessine. C’est inéluctable et je m’y inscrits personnellement dans mon approche du management. Et de nombreuses personnes au sein de mon équipe sont aussi convaincues que moi. Nous avons d’ailleurs constitué une équipe interne qui veille à développer cette facette particulière de notre métier, qu’il s’agisse de gérer nos déchets, de consommer l’énergie ou de nous inscrire harmonieusement dans notre environnement urbain. Durant un an RAYON9 a été très logiquement associé à cette réflexion et nous avons pas mal progressé ensemble.

Face à ces nouvelles exigences sociétales, vos contraintes techniques au sein de l’environnement liégeois n’en sont-elles pas devenues plus complexes et plus difficiles à maîtriser ?

Cedric Meijer : Pas tant que cela. Toutes ces démarches bénéficient déjà au sein de l’organisation publique urbaine d’un support technique qui se renforce d’année en année. Et cela a facilité considérablement l’implantation de nouvelles initiatives dans ces domaines, qu’il s’agisse de déchets, d’économies d’énergie ou de mobilité. Je ne vous cache pas que, dans tous ces domaines, nous sommes agréablement surpris. Le plus compliqué finalement, c’est encore de faire passer tous les messages en interne jusqu’au dernier collaborateur ou partenaire pour qu’ils comprennent et participent pleinement à l’effort collectif.

N’aviez-vous pas néanmoins au départ quelques appréhensions à surmonter s’agissant de faire appel au vélo pour livrer des colis somme toute assez fragiles, parfois volumineux et souvent ‘convoités’… ?

Cedric Meijer : Pas vraiment. Il y a nécessairement eu au départ une réflexion à mener sur ce que RAYON9 serait en mesure de transporter ou non, et dans quel rayon d’action. Il y a sur ces plans des contraintes dont il faut tenir compte. Mais pour le reste ce service – que nous offrons jusqu’ici à titre gratuit à nos clients – a été très bien accepté et n’a fait l’objet d’aucune difficulté ou incident. La formule est extrêmement bien perçue par la clientèle. Le côté ‘win-win’ au niveau local est évident.

Quelques surprises néanmoins ?

Cedric Meijer : Oui, mais positives. Non seulement nous avons vite compris que la question de la sécurité des transports à vélo ne se posait pas d’un point de vue technique, mais nous nous sommes rendu compte à l’usage qu’au contraire elle intervenait positivement à un niveau où nous ne l’attendions pas. Beaucoup de clients de passage chez nous se sont en effet mis à demander la livraison pour éviter d’avoir à transporter à vue des produits de valeur comme des Iphone ou des IPad facilement ‘subtilisables’ dans une foule compacte.